Objet : La question du couplage de la sucrerie SAEM-PSRM du Galion avec la centrale ALBIOMA Galion 2

Lors de la rencontre du mardi 10 octobre 2017 avec le Président du Conseil Exécutif de la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM), la délégation de l’Assaupamar a réaffirmé son opposition ferme au projet de centrale biomasse-bagasse d’Albioma, en particulier son opposition à tout couplage entre la sucrerie et cette centrale. La délégation a même proposé de porter une solution alternative en s’appuyant sur la technologie de stockage de l’énergie solaire développée par l’ingénieur André Génesseaux.
Ce projet de centrale bagasse-biomasse est en totale incohérence avec les préconisations de la Transition écologique mise en place en application de la Conférence de Paris sur le Changement climatique (COP 21). Le Programme Pluriannuel de l’Energie (PPE), voté par les élus de la CTM prévoit une progression significative de 18% de la part des énergies renouvelables. Du bois importé ne peut être considéré comme une solution dans le cadre de cette transition, cela contribue à la déforestation, à l’augmentation des rejets dans l’atmosphère et à la diminution des puits de carbone.
Le fonctionnement de l’usine biomasse-bagasse d’Albioma augmentera encore les émissions de gaz carbonique (CO2) dans l’atmosphère en Martinique. Ces dernières atteignent 2 millions de tonnes par an, dépassant largement sa capacité d’absorption de 500 000 tonnes/an!

Le docteur JOS PELAGE, Présidente de l’Association Médicale de Sauvegarde de l’Environnement et de la Santé (AMSES), s’appuie sur les études de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour alerter fortement sur les risques sanitaires du projet d’Albioma 2, notamment les émissions de particules ultrafines et nano particules (en dessous de 2,5 µm).
Les émissions de particules par la chaudière sont de nature à provoquer des maladies respiratoires réversibles (asthme, bronchite…). En revanche, les particules ultrafines et nano particules qui seront émises par Albioma provoquent des maladies irréversibles (cancers, maladies cardiovasculaires, maladies neuro dégénératives…)..

A l’ordre du jour de la plénière des 14 et 15 novembre est prévue la délibération sur le couplage de la sucrerie SAEM-PSRM du Galion avec la Centrale Albioma 2.
Dans le rapport n°64 de présentation, des documents accréditent le couplage de la sucrerie du Galion avec la Centrale Albioma 2 dégageant un parti pris sans analyse ni pris en compte des intérêts du pays Martinique.

Extrait du courrier du président du Conseil d’Administration de la SAEM du 11 mai 2017, page 9 : « Il est rappelé que les travaux de mise aux normes avait été chiffrés à 2,8 millions d’euros HT en 2011 par le constructeur de la chaudière mais que les travaux n’avaient pas été engagés, principalement en raison de leur montant, mais également en raison de la perspective déjà envisagée à l’époque, du couplage avec la centrale » (Albioma 2)

L’Assaupamar s’étonne de la non réalisation de ces travaux alors qu’Albioma 2 n’avait ni permis de construire ni autorisation d’exploiter. Ces derniers ont été obtenus respectivement en 2013 et 2014.

Extrait du courrier du Directeur Général de la SAEM du 18/10/16, page 11: « -la remise à neuf couterait entre 12 et 15 millions d’euros, et présenterait l’inconvénient majeur de maintenir deux installations de combustion sur le site ».

Pour Albioma2, il s’agit de supprimer la chaudière de la sucrerie pour permettre réglementairement son installation, le cumul de 3 chaudières sur un même site pose de véritables problèmes de sécurité qui exigent des prescriptions très contraignantes (référence : AZF Toulouse).

Citons enfin: « -Les équipements concernés ont des délais de fabrication longs et doivent être commandés avant fin octobre 2016 pour être livrés en juin 2017 », pour permettre le couplage pour la campagne 2018.
« -Si le calendrier ci-dessus ne peut pas être mis en œuvre, il conviendrait d’acter un décalage d’un an au moins de l’opération, soit un couplage à compter de la campagne 2019 ».

En octobre 2016, le Tribunal Administratif de Fort-de-France avait annulé l’autorisation d’exploiter Albioma 2.

Le directeur de la SAEM déclare obligatoire le délai des 16 mois (fin octobre 2016 à février 2018), pour réaliser le couplage pour finalement opter un couplage extra rapide en 4 mois. C’est du bricolage sans garantie pour la sécurité du site.
Depuis 2011, les dirigeants de la SAEM n’ont pas effectué les entretiens réglementaires dans le but de rendre le couplage indispensable. La responsabilité de la situation actuelle leur incombe.
Le seul document apportant une appréciation sur la fonctionnalité de la chaudière, reste le rapport d’inspection des installations classées pour la protection de l’environnement, du 25 juillet 2017 :
– Il stigmatise les négligences voire les fautes de l’exploitant de la sucrerie
– Il relève les dépassements des valeurs limitées des concentrations de poussières dans les rejets atmosphériques de la chaudière à bagasses
– Il ne demande pas l’arrêt de la chaudière ni ne déclare aucune dangerosité de l’équipement
– Il préconise, « sous délai maximal de 6 mois et avant toute remise en service de la chaudière à bagasse : l’exploitant doit faire procéder à la remise en état de la chaudière à bagasses en particulier concernant les travaux sur les tubes de fumées. Cette remise en état devra être validée par l’organisme habilité de son choix tel que prévu par l’article 1 du Décret n°2016-1925 du 28 décembre 2016.

Mettons en application cette proposition de mise en demeure pour que la campagne sucrière démarre début mars 2018.

Depuis 2010, la consommation d’électricité diminue, cette tendance se confirme par l’amélioration de la maîtrise de l’énergie et la diminution de la population. (INSEE pour l’horizon 2030)
Il est possible prendre le temps de produire de l’énergie non carbonée et durable (solaire, éolienne, géothermie, marine…), l’usine d’Albioma 2 est actuellement inutile.

l’ASSAUPAMAR a intenté un pourvoi en cassation pour l’annulation de l’autorisation d’exploiter l’usine d’Albioma 2.

Monsieur Claude Roy, expert en biomasse et engagé par la DAAF en 2011 a déclaré aux élus de l’ancienne Région et nous-mêmes que seule la biomasse déchet inutilisable peut produire de l’électricité rentable. Il a précisé que ni la biomasse produite, ni la biomasse importée ne peut produire de l’électricité de manière rentable.
Deux constats étayent sa déclaration :
– La biomasse a un pouvoir calorifique interne (PCI) faible, donc une faible production d’énergie ;
– La biomasse a une densité faible en conséquence il faut transporter de grands volumes qui génèrent des frais considérables.
Ce manque de rentabilité entraînera soit un fonctionnement sous subvention soit une fermeture (exemple : Usine de biomasse de Saint-Félicien au Canada)

Avec la SAEM sous perfusion financière, la CTM va-t-elle risquer de prendre encore Albioma 2 qui pourra faire le chantage de l’arrêt si elle n’obtient pas de subventions ?

Actuellement, la sucrerie est autonome du point de vue énergétique, quel intérêt y a-t-il à la rendre tributaire d’une structure qui n’offre aucune garantie de pérennité ?

En conclusion, la chaudière étant réparable l’Assaupamar exige la réalisation immédiate des travaux de sa réhabilitation

Respé ek lonè ba Matinik
Prézidan Lasopama

 

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